23.11.2009
Bercy accusé de surfacturation contre les collectivités locales
C'est un peu la réponse du berger à la bergère : Nicolas Sarkozy et l'UMP fustigent les dérives dépensières des collectivités locales gérées par la gauche. Voici qu'un collectif de maires accusent le ministère du Budget de surfacturer leurs services. le trop-perçu s'élèverait à 1,3 milliards d'euros... Rien que ça.
C'est Bertrand Delanoë, le maire de Paris, qui a relancé le débat. Dans une lettre adressée à Éric Woerth le 17 novembre, il «appelle l'attention» du ministre du Budget sur les frais que l'État facture aux collectivités pour le recouvrement des impôts locaux et souhaite qu'il soit «mis fin à une situation peu saine».
Pour comprendre de quoi il s'agit précisément, il faut se pencher sur les relations complexes qui se sont nouées entre l'État et les communes, départements et régions dans le domaine de la perception d'impôts. L'administration fiscale, à Bercy, se charge pour le compte des collectivités du calcul et de la collecte de la taxe d'habitation, des taxes foncières et de la taxe professionnelle (TP). En échange, l'État récupère une part des impôts locaux payés par les ménages et les entreprises, en l'occurrence 4,4% du montant pour «frais d'assiette et de recouvrement». Par ailleurs, l'État prend une seconde «commission», fixée à 3,6% des impôts locaux (à l'exception de la taxe d'habitation de la résidence principale). Il s'agit «des frais de dégrèvement et non-valeurs». Par quoi se justifie-t-elle ? Par le fait que lorsqu'un contribuable paye une taxe moins lourde que le tarif normal du fait par exemple de son faible revenu (donc bénéficie d'un dégrèvement), l'État compense ce manque à gagner aux communes, départements ou régions. Au total, avec ces deux commissions, 5 milliards d'euros repartent dans les caisses de l'État et échappent ainsi aux collectivités. Dans un département comme les Côtes-d'Armor, les frais ont été de 12,24 millions en 2008 sur un total d'impôts locaux de 169 millions, soit un prélèvement de 7,2%.
Relations inextricables
À Paris, la facture atteint 185 millions en 2008 et 215 en 2009, soit un prélèvement de 6,4%. Et surtout, d'après son maire, «le montant global prélevé sur les contribuables parisiens dépasse manifestement le coût réellement supporté par l'État pour ces opérations». Bertrand Delanoë appuie ses dires sur le dernier rapport annuel de la Cour des comptes qui dénonce une surfacturation sur la première commission. À 4,4%, les frais d'assiette et de recouvrement sont très éloignés des coûts réels de gestion pour l'État, que la Cour chiffre à 1,75% sur les taxes foncières. En 2006, un rapport d'audit de modernisation estimait précisément ces coûts à 1,9% pour les taxes foncières, à 3,86% pour la taxe d'habitation et 0,9% pour la TP. «L'État surfacture aux collectivités 1,3 milliard d'euros par an», s'insurge-t-on l'Assemblée des départements de France (ADF)." Source Le Figaro
08:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note













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