02.03.2008
Sarkozy-Giscard (9): droite décomplexée ?
VGE comme Sarkozy ont voulu incarner une "droite décomplexée", prenant les idées qu'ils voulaient à la gauche, en rupture avec leur camp.
« Les gens, et même certains de ceux que vous appelez mes amis, décou-vrent une chose que moi je sais depuis longtemps : les croyances qui m’animent et l’action que je conduis ne sont ni les croyances ni l’action d’un représentant de la droite classique. Il fallait bien qu’un jour, celle-ci le découvre. Voilà, c’est fait. » VGE, 2 décembre 1973.
« Je ne suis pas le candidat de la droite contre la gauche. Je ne suis pas un conservateur. Il faut transcender nos clivages. » Sarkozy, le 4 avril 2007.
Ces ruptures irriteront leurs camps. Les parlementaires gaullistes seront heurtés par le premier train de réformes sociétales de Giscard. Les députés UMP s'agacent de l'ouverture politique et du faible nombre de places gouvernementales qui leur est laissé en juin 2007.
Le parallèle s'arrête là. Les seules "réformes" du gouvernement Sarkozy se sont inscrites dans la plus pure tradition de la droite française: en justice, répression et regression éthique, plutôt que prévention; en économie, allègement fiscaux pour les plus riches; real-politique étrangère; maintien de l'effort de défense.
Les sujets "de gauche" tels l'environnement ou l'insertion ont été enfermés dans des forums contradictoires appelés Grenelles, ou marginalisés par l'incompétence politique de novices (cf. plan banlieue).
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01.03.2008
Sarkozy-Giscard (8): un comportement agaçant
VGE comme Sarkozy se caricaturent eux-même. Dans les années 1970, Coluche ou Thierry Leluron se moquaient du ton ampoulé du Président. Un aristocrate flottant au-dessus des problèmes. En 2008, Sarkozy est un "petit garçon" fébrile qui ponctue chaque phrase d'un haussement d'épaule nerveux. VGE nous parle de haut, Sarkozy nous "cherche" en face
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29.02.2008
Sarkozy-Giscard (7): incompétence économique ?
En octobre 1973, en représailles contre les pays occidentaux qui soutenaient Israël lors de la guerre du Kippour entre l'Etat hébreux et les pays arabes, les représentants des pays arabes de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) ont décidé de multiplier par 4 le prix du baril. La belle aventure giscardienne s'arrêta là, symboliquement. Le chômage avait débuté dès Pompidou.
Sarkozy dès juin 2007 nous expliquait qu'il irait lui même chercher son point de croissance supplémentaire. Une crise de subprimes et un paquet fiscal inefficace plus tard, il devait en rabattre. La croissance en 2007 s'établit à 1,9%. Les prévisions gouvernementales pour 2008 ont été contestées dès l'été 2007.
Le "plan de relance"" à base de "travailler plus" et autres défiscalisations ne produit... aucun effet. On ne travaille pas plus en 2007 qu'en 2008. Mais les comptes sont plombés.
On peut reprocher à Giscard beaucoup de choses, mais on peut lui reconnaître une circonstance atténuante : il s'est pris en pleine figure la fin des Trente Glorieuses, avec doubles chocs pétroliers en (sub)prime comme personne n'en a connu depuis la Guerre.
Sarkozy lui ne doit son échec économique qu'à lui seul.
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28.02.2008
Sarkozy-Giscard (6): identité nationale
On retiendra de la première année de Nicolas Sarkozy qu'il a menacé l'identité républicaine à trois reprises : (1) en créant un ministère de l'Identité Nationale qui rappelle les heures sombres de la France, (2) en instaurant quotas d'expulsions, tests ADN et tri sélectif, (3) qu''il a installé l'enfermement psychiatrique à vie, à l'instar de la Russie ou de Guantamo.
Sous Giscard, mai 1968 était à l'oeuvre. En pleine flambée de violence du terrorisme d'extrêmisme gauche (ACTION DIRECTE & Co), de fortes tensions internationales, VGE n'a jamais été tenté par un tel retour en arrière. Il fit voté la première loi sur le regroupement familial. la communication avait son importance évidemment quand il invitait deux éboueurs à prendre l'apéritif.
Sarkozy préfère le symbole - la lettre tronquée de Guy Mocquet ou le parrainage d'enfant juifs morts en déportation - pour cacher ses quotas d'importation par continent et par métier.
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27.02.2008
Sarkozy-Giscard (5): une modernité usée
Giscard a inventé l'ouverture politique. Au gouvernement de Jacques Chirac en 1974, on trouve Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud (tous deux engagés pour Mitterrand contre Giscard) mais aussi Jean Lecanuet ("réformateur" de la Ve République). L'ouverture à la société civile s'incarnait par Simone Veil, simple magistrate, Annie Lesur, médecin anesthésiste, devenue secrétaire d’État à la Petite Enfance.
Nicolas Sarkozy a débauché les marginaux du camp d'en face (Kouchner, Bockel, Jouyet) pour des postes sans marge de manoeuvre (le domaine réservé du Président). Il a heureusement ouvert à la diversité "ethnico-culturelle" pour frapper les esprits (Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara), et masquer que l'UMP est un parti d'élus blancs et bourgeois.
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Sarkozy-Giscard (4): aristocratie contre Bling Bling
VGE faisait du tennis, Sarkozy se fait filmer joggant. VGE portait des RAY BAN comme Sarkozy. VGE faisait aristocrate et riche, Sarkozy cherche à être riche
VGE venait de Chamalière, Sarkozy de Neuilly-sur-Seine.
VGE n’avait pas de portable (et pour cause), Sarkozy envoie des textos en permanence, même en pleine cérémonie officielle.
VGE se fit piéger par les diamants de Bokassa. Sarkozy accepte les cadeaux de Vincent Bolloré ou se fait prêter une villa américaine pour ses vanaces.
VGE maintenait l'apparence d'un mari respectueux. Sarkozy divorce, abreuve son ex-épouse de SMS, et se marie avec une pépée italienne à la voix cassée rencontré 8 semaines plus tôt.
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25.02.2008
Giscard-Sarkozy (2) : deux jeunes présidents élus sur le mythe de la rupture
Les deux Présidents étaient jeunes, 48 ans pour Giscard d'Estaing, 52 ans pour Sarkozy. Ils furent tous deux élus sur un discours de rupture.
VGE fut élu de justesse (50,8%) contre un candidat d’une gauche rassemblé, François Mitterrand. Ce dernier se présentait pour la troisième fois présent au scrutin présidentiel, avec un programme commun de la gauche élaboré par les Radicaux et le Parti Communiste.
Nicolas Sarkozy fut lui élu largement (53%) contre la candidate d’une gauche divisée. Ségolène Royal n'a pas été épargnée par ses "amis" pendant la campagne.
VGE nomme, le 27 mai 1974, Jacques Chirac au poste de premier ministre, un fidèle de Pompidou. Sarkozy nomme François Fillon, un autre « gaulliste historique mais jeune », en rupture avec Jacques Chirac qui l’a évincé du gouvernement deux ans auparavant.
VGE du composer dès le début de son septennat avec une majorité gaulliste large, issue du scrutin législatif de 1969.Quinquennat oblige, Sarkozy bénéficia d'une majorité absolue de son parti présidentiel, l'UMP, dès juin 2007.
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